Interview: Balbino

Avant qu'il ne parte en tournée dans toute la France avec son nouvel ami Bernard Lavilliers, producteur de son nouvel album, Balbino a pris le temps de répondre à certaines questions que l'on se posait sur son nouvel album, Evangiles Sauvages.

5 ans après son premier album "Gitan de Paname", Balbino a gagné en indépendance et s’affirme comme un auteur avide de poésie. Ici, le chanteur semble tout a fait posé et nous parle de ses influences, de son regard sur la critique et de ses futurs projets.

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Tu as travaillé sur Evangiles Sauvages avec Bernard Lavilliers à la production. Qu’a-t-il apporté à la qualité de l’album ?

Il a apporté un certain regard et un recul que 30 ans de carrière peuvent procurer. Il est finalement assez peu intervenu mais m'a évité de tomber dans certains "pièges" ou certains clichés qui nous guettent dès que l'on crée.

Avec quel nouvel artiste ou groupe aimerais-tu collaborer prochainement ?

Mon rêve serait de partager une chanson ou d'écrire des textes pour Catherine Ringer.

Nous savons que tu portes de l’importance à tes origines catalanes, comme en témoigne le titre 'L’Estaca'. Y-a-t-il eu d’autres principales influences derrière cet album ?

La même que depuis mes débuts, l'attachement à ce que j'appelle la musique de rue et à un certain minimalisme, un souci d'épure au niveau des arrangements comme pouvaient l'avoir les punks à une certaine époque.

Un des titres de l’album s’intitule 'Bukowski', quel est ton poème préféré de Bukowski ?

Le poème dont est tiré le sample de Bukowski que l'on entend dans la chanson. Ce poème s'appelle 'Blue bird'.

Quel est ton titre préféré sur l’album et pourquoi ?

'Evangiles', car je crois qu'il y a dans ce titre plusieurs niveaux de lecture et qu'il traite de notre société sans rentrer dans une dialectique adolescente... du moins c'est ce que j'espère avoir réussi à faire, le public jugera.

Si tu devais choisir entre l’écriture d’un second recueil de poèmes ou la composition d’un quatrième album, que choisirais-tu ?

L'écriture d'un premier roman... ce sur quoi je travaille en ce moment.

Le son est beaucoup plus électrique que sur tes albums précédents, y-a-t-il une raison à cela ?

La raison est simplement l'atmosphère qui règne aujourd’hui dans nos rues.

Selon toi, quel est le groupe ou artiste le plus prometteur du moment ?

Catherine Ringer, car finalement elle recommence une carrière sans les Rita Mitsouko même si ce n'est évidemment pas une débutante mais une Dame de la chanson française et du rock.

Si tu devais conseiller un album sorti cette année (à l’exception du tien), lequel choisirais-tu ?

Le dernier album de Cali que je trouve vraiment réussi.

Etais-tu nerveux à la sortie de Evangiles Sauvages, et quelle importance portes-tu à la critique ?

Nerveux, je le suis toujours... j'accepte la critique quand elle est constructive et pas déplacée... la chanson ou l'art en général n'est pas une dictature. On a tout à fait le droit de ne pas m'aimer, et j'ai aussi le droit de m'en foutre.

Aucun regret sur cet album ?

Sincèrement aucun.

Tu écris sur ton site : "L’homme ne parle plus à l’homme mais à des millions d’avatars perdus dans de vastes réseaux interdépendants et sans visage". Vois-tu quand même certains avantages au monde digital ?

Evidement, c'est là et sur scène que l'art va se développer dans les prochaines années. Dans cette phrase, je parlais surtout de l'homme perdu dans un monde où les élites et le pouvoir sont de moins en moins identifiables, et donc de plus en plus libres de nous manipuler.

Quel a été le point fort de l’année 2011 pour toi ?

La première fois que j'ai eu mon livre Evangiles Sauvages dans les mains.

Quelles sont tes ambitions pour le futur ?

Un premier roman, du succès pour ce disque... et une "belle mort".

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