Interview : Django Django
Introduction
Ce que les jeunes fabriquent dans leur chambre ne regarde personne. Cela dit, c’est plutôt rassurant de constater qu’un "bedroom band" n’est pas forcément un rassemblement de gros feignants juste bons à inventer tout un tas de fausses excuses pour justifier un disque bâclé. Pendant quatre longues années, les Django Django ont été très occupés à faire de grandes choses dans la chambre, à l’Est de Londres, de leur batteur, producteur et leader de facto, David Maclean. Le fruit de leur labeur est un premier album éponyme de grande qualité, qui ressemble au disque d’un groupe qui pose les premières limites méticuleusement calculées d’un vaste univers dont ils sont les seuls à connaître les secrets. Le chanteur Vinny a pris le temps de répondre à nos questions, découvrez ce qu'il a à dire ci-dessous...
Questions and answers
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Félicitations pour votre nouvel album ! Pouvez-vous nous parler de vos influences, inspirations et de comment se sont déroulés l’écriture et l’enregistrement ? L’expérience fut-elle agréable ?
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Une grande partie des premiers morceaux viennent de Dave et de moi. Puis Tommy et Jim ont ajouté leur touche. Au départ, je créais les riffs de guitares, mélodies et paroles, et Dave amenait ses talents de producteur, DJing et musique dance. On changeait ensuite le rythme des morceaux, en essayant de trouver quel instrument correspondrait le mieux, puis on revenait constamment sur les paroles, et enfin on commençait à enregistrer dans sa chambre. Je revenais quelques jours plus tard et Dave aurait alors tout arrangé. On vérifiait une dernière fois le tout en faisant des changements de dernière minute, puis le morceau était là.
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Si vous deviez choisir un titre en particulier sur l’album, lequel serait-il et pourquoi ?
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"Zumm Zumm" : nous n'aurions jamais pu enregistrer ce titre une seconde fois même si nous l'avions voulu. Cet enregistrement fut unique, un après-midi dans la maison de campagne de Dave sur la côte Ouest de l’Ecosse il y a deux ans. Nous ne nous rappelons même pas de la plupart des sonorités.
En fait, je jouais une de mes idées à Tony, qui l’a interprétée complètement différemment, mais cela a donné un bien meilleur résultat, puis Dave a ajouté les rythmes et effets de mixage. Ça c’est passé à ce moment donné et à cet endroit donné. J’aime l’esprit d’équipe et l’optimisme derrière ce morceau.
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L’album est une synthèse réussie de styles musicaux variés, ce qui suggère un grand éventail d’influences ! Quels artistes vous rapprochent (et vous séparent) en tant que groupe ? Et qui considérez-vous comme vos pairs ?
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Oui, nous aimons pleins de genres différents. Nous aimons tous Bo Diddley, Giorgio Moroder, Link Wray, Silver Apples et John Carpenter. Je ne crois pas que nous nous considérions comme faisant partie d’un certain air du temps musical, mais nous aimons et respectons beaucoup de groupes et de labels qui sont nos amis comme Veronica Falls, Metronomy, Connan Mockasin et Trailer Trash Tracys, que nous rencontrons dans notre quartier assez souvent.
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Si vous deviez définir votre son en une phrase ?
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Un mélange de Tramp Rock, d’alcool, de filles glamour et de voix a capella en harmonie.
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Vous vous êtes donc rencontrés à Edinbourg il y a dix ans, mais vous vous êtes formés à Londres en 2008. Quel a été le déclic de cette formation ? Et que faisiez-vous avant ?
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Le fait que Dave déménage à Londres fut l’élément déclencheur. Je m’y étais installé un an plus tôt et j’ai pris contact avec lui assez vite. Je crois que nous avions tous les deux trouvé nos limites en terme de musique. Il créait des morceaux dance sans le côté composition, et j’enregistrais des idées de chansons sur un dictaphone sans aller vraiment plus loin. Une fois installé, nous avons bu une pinte et avons réalisé nos points communs. Nous avons enregistré un morceau, mis sur MySpace et le résultat fut plutôt bon, donc nous en avons créé un autre, puis un autre, jusqu'à ce que nous ayons des offres de concerts. Nous avons alors recruté Tommy et Jim.
Nous avons joué pas mal de concerts afin d’acquérir plus d’expérience sur scène, et avons écrit et enregistré plus de morceaux. Puis nous avons construit notre propre studio, sorti quelques singles et nous avons consacré toute l’année dernière à boucler notre album.
Nous l’avons enregistré dans la chambre de Dave donc ça a pris plus de temps que si nous l’avions fait en studio pro avec plus de £1000 d’équipement, mais ça nous a permis de faire cet album à notre manière.
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Quel est l’inspiration derrière le nom Django Django ? Est-ce en rapport avec Reinhardt?
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Dave a trouvé l’idée du nom. Ce n’est pas une référence à Reinhardt, ça vient d’un disque de dance que Dave avait, intitulé Son of Django. Il aimait l’idée des noms doubles comme Liquid Liquid donc il a doublé le nom Django et m’a demandé ce que j’en pensais. J’ai trouvé ça exotique et marrant à prononcer donc le nom du groupe fut créé.
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Le grand frère de Dave était dans The Beta Band et The Aliens – vous a-t-il donné de bons conseils sur l’industrie de la musique ?
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John fut un bon point de repère pour Dave puis pour nous au bout du compte, si nous avions besoin d’un avis extérieur. Je pense qu’il faut cependant suivre son instinct quand il s’agit de prendre des décisions importantes.
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Plusieurs de vos titres furent remixés, et vous avez vous-même remixé les titres de Clock Opera et de Charlotte Gainsbourg ; avez-vous d’autres projets similaires en vue ? Et si vous deviez remixer un artiste dans le futur proche, qui choisiriez-vous ?
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Nous pensons à des idées de remixes et de mixages pour nos prochaines sorties singles, mais rien de définitif pour l’instant. Nous avons assez aimé travailler sur Drumforms, qui était une B-side et une version dub de Waveforms. Je pense que nous en ferons plus. Dave s’occupe des remixes mais il est partant pour en faire d’autres maintenant que l’album est sorti et que nous avons plus de temps.
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Pourquoi avoir signé avec un label indé français ? Et quel a été le point fort de travailler avec Because jusqu’à présent ?
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Nous aimions la diversité de leur catalogue, avec Metronomy, Connan Mockasin, Justice. Le directeur nous avait également dit lors de notre première rencontre “Nous aimons ce que vous faites donc ne changez rien”. Ce fut un soulagement, car le fait de signer avec un label signifie souvent réenregistrer nos morceaux et travailler avec un producteur de renom, ce qui était notre crainte. Ils ont un bureau en France et au Royaume-Uni donc nous avons le meilleur des deux mondes et pouvons voyager, ce qui est toujours intéressant.
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Quel était votre album préféré de 2011 ?
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Je ne dis pas seulement ça car c’est un ami, mais l’album de Connan Mockasin. Je l’ai découvert en 2006 à Greenman, et j’ai du m’arrêter net quand j’ai entendu sa musique.
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À part le vôtre, quel album nous conseillez-vous d’écouter cette année ?
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Pas sûr pour cette année, mais j’ai bien aimé le nouvel album des Peaking Lights sorti en fin d’année. J’aimerai bien écouter un nouveau Tame Impala ou un nouveau Friends en 2012.
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Quels sont vos projets pour 2012 ? Allez-vous jouer à des festivals ?
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Oui, nous avons confirmé notre présence à Field Day à Londres et Away Game sur l’île d'Eigg sur la côte Ouest d’Ecosse. Nous avons quelques dates européennes à venir également. Nous allons simplement continuer à jouer sur scène et écrire plus de morceaux en studio.
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Quelles sont vos ambitions pour le groupe ?
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Sortir plus d’albums, essayer d’offrir quelque chose d’inattendu, et faire évoluer notre musique. Si nous atteignons ça, je serais heureux...