Interview: Poliça

Prenez deux anciens membres de Gayngs, quelques beats programmés et de l’auto-tune atmosphérique, et qu’est-ce que vous obtenez ? Poliça, ou le nouveau groupe fétiche de Justin Vernon. Grâce à de l’electronica obsédante teintée de R&B sur Give You The Ghost, le quartet venu de Minneapolis est également devenu l’un de nos groupes préférés.

Nous nous sommes entretenus avec la chanteuse Channy Leanagh pour en savoir plus sur leur tournée à SXSW, l’histoire derrière ce premier album et comment ils gèrent l’attention des médias. Lisez notre interview ci-dessous !

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Bonjour Channy, où vous trouvez-vous en ce moment ?

Je suis sur la route à une heure de Boston, Massachusetts, où l’on va jouer ce soir.

Quand avez-vous commencé à jouer de la musique ? Si vous n’étiez pas musicienne, que pensez-vous que vous seriez devenue aujourd’hui ?

J’ai commencé à jouer de la musique vers l’âge de 8 ans en étudiant le violon. J’adorais créer des morceaux sur mon violon, et écrire les notes sur des partitions. J’ai écris ma première chanson avec paroles quand j’avais 25 ans. Je n’ai jamais voulu être musicienne ; c’est arrivé tout seul et je suis toujours en train d’essayer de comprendre ce qui s’est passé, mais c’est quelque chose que j’aime faire et qui m’apporte beaucoup de joie quand je chante. Si je n’étais pas musicienne, je serais probablement professeur de violon pour les plus jeunes.

Ryan et vous étiez dans Gayngs ensemble : pourquoi avez-vous décidé de former Poliça ? Comment est-ce d’être la chanteuse principale du groupe ?

Je suis une grande fan du travail de Ryan depuis Marijuana Deathsquads. J’aime son oreille musicale et comment il dialogue avec le langage musical. La vision de départ que j’avais pour moi et Ryan était tout simplement de voir comment ça allait évoluer. C’était une expérience et nous avons aimé le résultat. Je ne suis pas sûre d’aimer être la chanteuse principale, donc j’essaie de nier cela jusqu’à ce que je sois sur scène !

Pouvez-vous nous décrire votre procédé d’écriture et d’enregistrement, ainsi que les thèmes derrière Give You The Ghost ?

L’album capture mon expérience d’avoir écouté les morceaux de Ryan pour la première fois, et d’y avoir répondu. C’est dans le subconscient, qui dégage plus un état d’esprit et une humeur particulière qu’une idée prédéfinie. C’est également le cas pour les rythmes de l’album. Et les paroles sont la réponse émotionnelle aux beats de Ryan sous l’influence de mes expériences passées et des gens qui m’entourent.

Quelles étaient vos influences principales lors de l’écriture de l’album ?

Ma référence majeure était ces beats ; je les ai étudiés comme j’aurai étudié une nouvelle langue, et je n’ai rien écouté d’autre vraiment… Parfois, Ryan et moi faisions une pause et il me jouait de la musique qu’il écoutait à l’époque. J’imagine que je l’ai étudié sous différents angles et que j’ai écrit ces chansons pour ses beats.

Y a-t-il un titre dont vous êtes le plus fière sur l’album, et pourquoi ?

Dark Star’ est intéressante car elle possède un beat avec lequel j’ai galéré pendant longtemps. Quand Ryan et moi nous sommes rencontrés pour la première fois et que nous avons choisi 12 beats afin que je travaille dessus et que je trouve les voix et paroles, c’est ce beat là qui m’a posé le plus de problème car je ne trouvais pas de mélodie vocale initiale. Je l’ai presque abandonné car je ne trouvais pas le bon groove ; mais un jour, c’est venu quand je jouais avec ma fille, et ce genre de surprises sont les plus gratifiantes.

Un des aspects les plus frappants sur l’album est l’utilisation d’auto-tune. Pourquoi avez-vous décidé de l’utiliser ?

Nous n’avons jamais parlé de ne pas utiliser auto-tune, et je pense que c’est pour cela que nous avons décidé d’en faire l’usage, car ce n’était pas contraire à notre objectif : c’était simplement quelque chose que je voulais essayer. C’était intéressant pour moi, en tant que chanteuse, de changer le rapport à ma voix et d’adapter mon esprit à l’atmosphère des beats.

Vous avez travaillé avec Mike Noyce de Bon Iver sur quelques titres ; comment cela s’est-il passé ? Aimeriez-vous collaborer avec d’autres artistes dans le futur ?

J’ai travaillé avec Noyce dans Gayngs et Ryan le voulait sur l’album, j’étais heureuse de le retrouver. Je n’étais pas là quand il a ajouté ses voix, ce qui est souvent le cas dans ces moments là. J’aime simplement écrire des chansons et j’adorerais écrire sur pleins de nouveaux beats avec différents producteurs. Je suis toujours en quête de collaborations de toutes sortes.

Comment était SXSW cette année ? Avez-vous eu le temps de découvrir d’autres groupes ?

SXSW s’est très bien passé. Mon concert préféré a été avec Gardens & Villa au Filter Fort : c’était super de jouer devant un public déchainé pour notre dernier concert, jouer avec un groupe que j’admire beaucoup et savoir que nous avions rempli toutes nos missions de la semaine. J’ai vu Spank Rock sinon, mais c’est tout.

Justin Vernon a décrit Poliça comme “le meilleur groupe que j’ai jamais entendu”. Avez-vous reçu plus d’attention des médias depuis ce commentaire ?

Oui, ça a engrangé pas mal d’attention médiatique sans le moindre doute, et nous apprécions énormément ces gentils mots !

Quels sont vos projets pour le reste de l’année ? Allez-vous jouer à certains festivals ?

Nous planifions de tourner beaucoup et d’enregistrer un peu. Nous serons en Europe cet été. Nous sommes très excités car la plupart des membres ne sont jamais allés en Europe, et ont encore mois joué là-bas !

Enfin, pouvez-vous résumer votre son en une phrase ? Et quel est l'avantage à être dans Poliça ?

Percussions, alien, slow jams. Et l’avantage à être dans Poliça, c’est l’opportunité de chanter. Chanter est la meilleure drogue au monde.

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