Interview: Rover

Apparu l'an passé lors de quelques festivals (Francofolies, Inrocks, Transmusicales) et en ouvertures de nombreux groupes (Aaron, Lilly Wood & The Prick et The Do notamment), Rover répand sur la scène pop rock son ombre de géant, rapport à sa taille comme à son talent. Son premier album dévoile une musique inclassable, sorte de pop mélodique, aérienne et sensible, avec assez de nervosité pour l'empêcher de se noyer dans l'eau de rose. On y croise entre autres les influences de Buckley, Interpol et Bowie...

Timothée Regnier, alias Rover, a gentiment pris le temps de répondre à certaines de nos questions et nous parle de son début, de ses voyages et de son envie de solitude... Découvrez l'interview ci-dessous !

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Bonjour Timothée, et félicitations pour votre premier album Rover ! Pour ceux qui ne l'ont pas encore entendu, pouvez-vous leur dire à quoi s'attendre ?

Bonjour et merci beaucoup. C'est assez délicat de mettre des mots sur la musique et de la décrire en quelques lignes. C'est un disque qui laisse beaucoup de place à l'imagination.

Vous avez enregistré en Bretagne tout un hiver en home studio : pouvez-vous nous expliquer votre procédé d'écriture et d'enregistrement de cet album ?

C'est une période fantastique, l'écriture. Le temps se met en suspend et les priorités sont toutes autres dans une journée. On devient à la fois hyper-sensible et invincible dans une même heure. J'aime l'approche solitaire du processus de création que me procurent les chansons de Rover. C'est une façon de mieux se connaitre en se mettant des défis personnels tout en restant le plus libre possible. Paradoxal !

Où avez-vous tourné la vidéo de votre single Aqualast ? La forêt, la nature, est-ce un reflet de vos mois d'enregistrement reclu en Bretagne ?

Le clip à été tourné dans les forêts qui entourent Munster dans l'est de la France. N'étant pas citadin dans l'âme, je voulais être dans un environnement qui soit le plus intemporel possible afin de coller au mieux au morceau "Aqualast". Il n'est pas exclu que le prochain clip soit absolument à l'antithèse de celui-ci. Chaque morceau à son histoire faite de vécu, d'humour et d'émotion qui lui est propre. Mon parcours est atypique et je souhaitais que ce disque en soit le reflet d'une certaine façon.

Si vous deviez définir votre son en une phrase ?

Un son large, épais, chaud et avec le minimum de compromis possibles.

Vous faisiez vous-même partie d'un groupe de punk The New Government au Proche Orient, pensez-vous avoir puisé dans vos influences punk pour écrire cet album, et que tirez-vous de cette expérience ?

Indéniablement. Chaque expérience se retrouve consciemment ou non dans les chansons que l'on écrit. Cette expérience m'a surtout appris le fonctionnement d'un groupe de rock, et les étapes jusqu'à la naissance d'un disque. Ensuite personnellement, ce fût un puit sans fond de moments forts et intenses.

Pouvez-vous choisir un morceau ou un moment dont vous êtes le plus fier sur cet album ?

Ils ont vraiment tous leurs histoires et leurs traits de caractère qui me plaisent. Ce serait comme demander à une mère de choisir un de ses enfants.

Pourquoi avoir choisi les producteurs Samy Osta (Cocosuma, Tahiti Boy & the Palmtree Family) et Guillaume Jaoul (bras droit au studio) et qu'ont-ils apporté au son de l'album ?

La rencontre avec Samy Osta s'est faite de façon naturelle et l'évidence m'a sautée au visage dès les premiers échanges. C'est curieux de sentir que les choses sont parfois évidentes et d'en être témoin au moment où on les vit.

On vous compare parfois à Interpol ou Mercury Rev, quels groupes ont été les plus influents dans votre carrière, et quels sont les groupes contemporains que vous appréciez ?

Belles références. Je suis un grand admirateur de Brian Wilson sur sa période Pet Sounds / Smile, David Bowie, Gainsbourg, Bob Dylan, J.S Bach mais aussi d'artistes hors musique (certains peintres par exemple). Aujourd'hui en France, j'aime le travail de Bertrand Belin, de Mathieu Boogaerts par exemple. A l'étranger je suis toujours curieux de découvrir les courants en provenance des USA. Le son américain reste une référence intéressante.

Quel est l’inspiration derrière le nom ?

Je l'ignore en fait. Le choix de Rover s'est imposé tout seul et fût évident au moment même où je l'ai écris sur la première cassette démo enregistrée.

Vous étiez dans le même lycée français que The Strokes à New York, étiez-vous proches ? Avez-vous une anecdote marrante à nous faire partager ?

Non, nous n'étions pas proches. On jouait parfois au basket ensemble aux pauses déjeuner mais ça n'allait pas plus loin. J'ai quelques anecdotes mais elles ont eu lieu dans un cadre privé donc elles y resteront. Sorry !

Pourquoi ne pas avoir embrassé la vague rock indé du moment avec les Strokes ? Qu'est ce qui vous attire plus dans l'univers folk indé que vous ne trouvez pas ailleurs ?

Les voyages m'ont portés ailleurs. Je ne pense pas faire de la folk/indé. Et je pense ne jamais vraiment vouloir savoir quel type de musique je fais. Rover me permet justement d'être le plus sincère possible et de goûter à l'instant présent en suspendant le temps tant bien que mal.

A part le vtre, quel est l’album que nous devrions écouter cette année ? Et quel était votre album préféré de 2011?

En 2011, ce serait la réédition de Smile. Pour 2012, je ne pourrais répondre qu'à Noël prochain car tout va tellement vite.

Il semble que vous ayez un peu la bougeotte: New York, Suisse, Liban, France: comptez-vous un jour vous poser ou avez-vous en tête une nouvelle destination de prévu?

J'ai tous les jours envie de me réveiller dans un autre lieu, j'ai très envie de retourner à Lisbonne par exemple. Heureusement, la tournée qui commence va me permettre de voyager via et grâce à la musique. C'est idéal et un vrai privilège.

Vous vous êtes fait remarquer en jouant aux festivals l'été dernier comme au Festival des Inrocks, avez-vous déjà de nouveaux festivals de prévu l'été prochain?

Je serai au Solidays, au Paléo Festival, à Art ROCK à Saint Brieuc, aux Nuits du Botanique à Bruxelles etc… les dates sont affichées dès qu'elles sont confirmées sur les plates-formes classiques du web.

Enfin, quelle a été l’apogée de votre carrière jusqu’à présent, et quels sont vos espoirs pour l’année 2012?

Je garde une multitude de moments forts avec Rover depuis le début. Des moments de solitudes et d'écriture extraordinaires et de partages comme à la salle Pleyel en première partie d'Aaron ou très récemment à la Maroquinerie à Paris. Le travail en studio fût également incroyable en émotion… Pour 2012, j'espère vivre pleinement mon époque!

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