Interview: Singtank
Introduction
Frère et soeur réunis par la même passion indé-pop, les parisiens Joséphine et Alexandre de la Baume nous parlent de leur premier album In Wonder, ainsi que de leur rencontre avec le producteur de Massive Attack et de leur envie de se mettre au hip hop. Lisez notre interview ci-dessous!
Questions et réponses
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Félicitations pour votre premier album ! Pour ceux qui ne l’auraient pas encore entendu, pouvez-vous nous expliquer à quoi s’attendre avec In Wonder?
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Alexandre : Je dirai que c’est de la pop, mais dans le bon sens du terme. (Rires) La pop pour moi, c’est un peu le carrefour de beaucoup d’influences et de styles dans un format simple… C’est de la pop mélodieuse à tendance rock, avec des influences un peu indie, de la britpop…
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Diriez-vous qu’il existe un thème général sur cet album?
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A : C’est un album qui parle beaucoup d’imaginaire, on l’a écrit pendant la préadolescence, quand on se cherchait Joséphine et moi, donc il y a un peu cette thématique de vivre entre ses rêves et ses réalités, de fantasmer sa vie et vivre sa vie. Ça s’écoute dans les paroles du single d’ailleurs: "Somewhere between the alleys of dreams and reality..."
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Pouvez-vous nous expliquer comment Singtank s’est formé et d’où vient le nom?
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A: On est frère et sœur, donc on a grandi en faisant beaucoup de musique ensemble, c’était le truc qui nous réunissait. Peu à peu on s’est mis à écrire des chansons qui nous plaisaient de plus en plus, jusqu’au jour où on s’est dit que l’on pourrait peut-être en faire quelque chose. Ça nous paraissait tellement naturel que d’une certaine façon, on ne s’était jamais posé la question. Un jour notre musique est tombée sur l’ordinateur de Nellee Hooper (Massive Attack, Björk) qui a aimé et d’un coup ça nous a donné une confiance incroyable, il nous a prêté son studio pour enregistrer des démos et une fois enregistrées, il nous a proposé de produire notre album donc ça a été un coup de fouet et un coup de bol incroyable et c’est là que le groupe est né.
Joséphine : Singtank vient du fait que l’on a passé tellement d’heures avec le batteur à essayer de trouver un nom au groupe, et après pas mal de noms bien pourris, on s’est rendu compte que l’on s’était un peu transformé en thinktank… donc Singtank!
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Quels étaient les autres noms que vous aviez en tête?
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J: Ah non, ça c’est top secret, ils étaient vraiment trop pourris! (Rires)
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Vous avez travaillé avec Nellee Hopper (Massive Attack et Björk) et Alan O’Connell (Placebo, Gossip) sur l’album – qu’est-ce qui vous a attiré à travailler avec eux? Que pensez-vous qu’ils ont apporté à l’album?
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A : Ça nous a donné vraiment beaucoup de confiance, ça nous a libéré, car si Nellee nous faisait confiance, on pouvait se faire confiance aussi et du coup ca a décomplexé notre écriture. Il a vraiment une oreille et une grande expérience.
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Nellee Hooper produit pourtant beaucoup de trip hop et d’électro, loin de votre genre…
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A : Oui, mais c’est assez rigolo, il n’a pas du tout voulu en faire une production ‘Nellee Hooper’, il n’a pas imposé ses sons trip hop, il aime bien le son de notre démo et il voulait du coup garder un son assez proche de cela….
J : Nellee apporte vraiment la petite remarque qui va énormément faire évoluer la chanson, alors qu’avec le producteur irlandais Alan O’Connell, c’était plutôt l’inverse, on essayait plein de trucs et on gardait le meilleur, donc c’était intéressant de travailler avec eux deux, qui travaillent de manière si différente.
A : C’était un peu le jeune fou et le vieux sage! (Rires)
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En combien de temps avez-vous écrit et enregistré l’album?
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J: On a commencé à enregistrer à LA car c’est là que le studio de Nellee se trouvait. Mais la première fois qu’on est rentré en studio, c’était il y a déjà trois ans. On a fait beaucoup de studio au départ, puis on a ensuite voulu commencer à être signé, donc ça a un peu plus stagné, mais en même temps, il faut mériter sa signature! (Rires) Du coup, on est retournés en studio pour garder cette énergie.
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Vous avez déjà des compositions prêtes pour un second album?
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J : On a déjà deux autres albums de prêt!
A : C’est un peu comme Amélie Nothomb lorsqu'elle sort ses livres, elle a toujours trois ou quatre romans d’avance. Nous, c’est la même chose. (Rires)
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Si vous deviez choisir un titre dont vous êtes le plus fier, lequel serait-il et pourquoi?
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A : Ça change beaucoup de période en période, parce que l’on joue tellement ces chansons, mais personnellement, j’aime beaucoup 'Sirens', c’est la dernière chanson que l’on a écrit et enregistré, et je suis assez content des arrangements.
J : Moi, j’aime bien la chanson 'Blue', pareil c’est une des dernières chansons que l’on a enregistré et on vient de commencer à la jouer en live donc j’ai pas eu le temps de m’en lasser. 'Sirens' aussi, je l’aime bien, et on ne la joue même pas en live donc j’ai assez hâte de la jouer maintenant.
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En plus d’être musiciens, vous aspirez également à une carrière d’acteur! Qu’est ce qui vous transporte le plus, la musique ou la comédie ?
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A : Moi pas vraiment… J’ai joué un tout petit rôle dans un film qui a été vu par deux cents personnes à peu près (Rires)... C’est plus un hasard de la vie qu’une carrière. Mais Joséphine effectivement a quelque chose qui ressemble plus à une carrière.
J : Oui, j’aime vraiment les deux mais ce sont deux disciplines complètement séparées pour moi. Le seul lien que je vois entre les deux, c’est qu’il faut faire preuve d'honnêteté, de simplicité et il se passe quelque chose de magique que si l'on se rencontre un peu.
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Joséphine, vous êtes mariée au producteur et musicien anglais Mark Ronson. Nous imaginons qu’il est votre plus grand fan! A-t-il également apporté sa touche à l’album ou vous a-t-il conseillé sur la marche à suivre?
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J : Il n’a pas trop le choix ! (Rires) Ou il n’ose pas le dire en tout cas s’il n’aime pas ! Non il le dirait… Comme il est lui-même producteur, il était respectueux de ne pas marcher sur les plates bandes d’un autre producteur, on travaillait déjà avec Nellee donc il a écouté l’album plutôt comme un petit copain que comme un producteur. Il donnait son avis de temps en temps en effet mais avec du recul et du respect.
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Vous avez déjà reçu de beaux éloges pour cet album. La critique est-elle importante à vos yeux?
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J : Bien sûr, ça fait toujours plaisir! Même si ça ne plait qu’à une personne, si cette personne permet de relayer l’album et d'en donner l'accès à un maximum de gens, c’est génial. On a envie de le faire partager avec le plus de personnes possible.
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La musique est remplie de groupes qui ont du gérer des frictions entre frères ou sœurs musiciens! Avez-vous rencontré des problèmes similaires? Si oui, comment les résolvez-vous?
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A : S’il ya des frictions, c’est plutôt au profit de l’album, dans le sens où en général, quand on n’est pas d’accord sur un détail, ça nous permet de rendre la chanson meilleure, donc ce sont des frictions très positives. Après de manière générale, ça se passe très bien mais il faudra en reparler après la tournée je pense. (Rires)
J : On arrive tout juste à se saquer là! (Rires) Non, je rigole... On s’est toujours plutôt bien entendu donc pour l’instant ça va.
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Comment se planifie votre tournée?
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J : Nous avons la Maroquinerie fin juin. On fait le festival Roxy à Biarritz, on vient de faire The Great Escape à Brighton, et quelques autres dates. Puis la tournée à la rentrée, en France et Angleterre probablement.
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A part In Wonder, quel est pour vous le meilleur album que vous avez écouté ces 12 derniers mois?
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J : Blunderbuss, il est épique, je suis très fan des White Stripes, c’est un joli retour de Jack avec des influences blues…
A : Moi, j’ai beaucoup aimé l’album de Beach House Bloom. Je l’écoute en boucle depuis la semaine dernière.
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Quels sont vos projets pour le reste de l’année? Et quelles sont vos ambitions pour Singtank?
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A : Ca dépendra un peu de comment ça se passe avec l’album, mais on est ouvert à tout ! On est ouvert à une tournée au Brésil ! (Rires) Ça peut paraître bizarre, mais on se dit souvent qu’on aimerait bosser avec des artistes hip hop plutôt que de collaborer avec des gens qui font des choses similaires... Comme par exemple jouer avec les héros d’enfance de Joséphine, comme Nas! (Rires)
J : En live, les featuring hip hop apportent vachement, ça réveille une chanson.
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Enfin, quel a été l’apogée de votre carrière jusqu’à présent?
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J : Le grand moment fort, ça va être la sortie de l'album, mais il y a plusieurs moment forts : le fait de tenir notre album définitif dans les mains, que ça y est c’est du concret. Ensuite, il y a eu le concert à la Cigale pour le Festival des Inrocks, c’était génial aussi, on ne s’imagine pas qu’un jour, on jouera dans cette salle donc c’était assez magique.
A : Et le jour où Nellee nous a dit qu’il voulait produire l’album, c était deux semaines de grand bonheur.