Interview: Trailer Trash Tracys
Faîtes un saut en 2009 et vous vous souviendrez peut-être de ce groupe londonien qui avait ébranlé l’univers MySpace avec le morceau étourdissant ‘Candy Girl’. Ce groupe, c’était les Trailer Trash Tracys, et ils reviennent aujourd’hui avec leur premier album studio. À l’occasion d’Ester, Jimmy et Susanne ont pris le temps de nous faire découvrir leurs influences, la raison de leur nom saugrenu et ont même partagé les rituels du groupe The Vaccines en tournée… Lisez tout cela ci-dessous !
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Pouvez-vous nous dire comment le groupe s’est formé ?
Susanne : “Jimmy et moi nous sommes rencontrés dans un groupe formé par un de mes anciens amis. Jimmy avait répondu à une annonce dans le magazine NME, car l’on cherchait un bassiste. Nous avons alors commencé à écrire des chansons avec l’intention de contribuer au groupe, mais celui-ci s’est dissout assez rapidement, donc nous avons décidé de continuer notre propre musique sous le nom de Trailer Trash Tracys. Nous avons mis notre premier morceau sur MySpace et nous nous sommes fait remarquer. Tiger Reid, promoteur à Londres, voulait nous faire jouer mais nous n’avions pas de vrai groupe, donc elle a invité ses amis à jouer avec nous, et vous connaissez la suite...”
Votre nom de groupe est assez intriguant ! Quelle est l’inspiration derrière ce nom ?
Jimmy : “Et bien, vous savez, Trailer Trash Tracys a une triple signification : Les trois ‘T’ représentent les trois croix du Calvaire, les trois ‘Ra’ représentent le dieu du soleil Ra et ‘iler sh cys’ signifie ‘le bon esprit gagne’ en Latin. De plus, nous ne voulions pas de ‘The’ au début du nom ; Je crois que c’est facile de ne pas aimer notre nom de groupe, mais je trouve qu’il est cool. J’ai lu un article dans un magazine où le chroniqueur aimait notre musique mais trouvait notre nom ‘horrible’. Dans le même magazine, un groupe appelé Big Deal était mentionné. Sur la couverture, il y avait le groupe First Aid Kit, et au dos, un groupe appelé New Look. Donc je vous le dis maintenant, je suis assez courageux pour affirmer que ces noms sont pires que le nôtre.”
Donc félicitations pour Ester ! Nous adorons le côté mélodieux et expérimental du son. Est-ce venu naturellement, ou avez-vous travaillé sur ce point ? Quelle place prend la mélodie dans votre travail ?
Susanne : “Les mélodies viennent plus naturellement que l’expérimentation sonore. Mais l’expérimentation est plus marrante à créer. Je pense que nous sommes définitivement conscients de cet amalgame entre une mélodie et une accroche sonore. Marier une chanson pop avec de l’expérimentation était l’idée générale de notre travail.”
Quel était votre objectif artistique pour cet album ? Pensez-vous l’avoir atteint ?
Jimmy : “L’objectif était de satisfaire notre intérêt. Ça aide d’écouter autant de musiques différentes que possible, de ne pas avoir peur d’essayer de nouvelles choses dans différents genres, de pousser nos limites, de ne pas suivre la mode mais simplement ce qui nous passionne. Cela est fondamental.”
En combien de temps avez-vous écrit et enregistré l’album ?
Susanne : “Malheureusement, la plupart des membres du groupe avaient des boulots à mi-temps à l’époque de l’enregistrement, donc il était difficile de finir l’album rapidement. L’autre moitié du groupe touchait le chômage, et a pris le temps d’apprendre à enregistrer et à mixer. Nous avons également consacré ce temps à construire notre ‘studio’ et se familiariser avec les équipements. Avec toute cette installation, le second album devrait être du gâteau !”
Jimmy : “Je crois également que nous ne savions plus quand nous arrêter. Et ça devient toujours moins agréable quand on joue trop longtemps sur des mixages qui étaient finalement corrects au départ !”
Si vous deviez choisir un morceau de l’album, lequel serait-il et pourquoi ?
Jimmy : ‘Engelhardt’s Arizona’. Ça surpasse tout le talent du meilleur guitariste en Angleterre, sans aucun doute.
Susanne : Je n’en ai pas. Je les aime tous, comme s’ils étaient mes enfants.
Pouvez-vous nous décrire votre processus d’écriture : est-ce une décision démocratique ou y a-t-il une personne qui dirige plus le groupe ?
Jimmy : “Pour le premier album, Susanne et moi avons dirigé l’écriture, mais Dayo et Adam ont contribué au rythme et processus d’enregistrement. L’interprétation de l’album sur scène est démocratique. La mélodie vient en premier, inspirée des paroles, puis les paroles sont modifiées pour s’adapter à la mélodie. Parfois, le rythme vient en premier. Puis nous essayons ‘d‘effacer’ la sensibilité pop avec des textures musicalement intéressantes.
D’où vient votre inspiration de composition ?
Susanne : “Il y a une librairie à Londres qui s’appelle “Watkins” à Soho, et qui possède plein de bouquins ésotériques qui me laissent bouche bée. Beaucoup d’entre eux sont des récits New Age pour femmes au foyer mais certains sont très enrichissants.”
Ester a suscité des comparaisons très flatteuses aux œuvres de The Jesus and Mary Chain, Cocteau Twins et The xx. Pensez-vous que ce sont des bonnes références ? Et quelles étaient vos influences musicales majeures lors de l’écriture de l’album ?
Le fait que nous puissions nous référer à ces 'influences' reflète la profondeur de notre album en terme de son. The xx et The Jesus and Mary Chain sont à l’opposé du spectrum musical. Nous aimons tous ces groupes, mais si vous écoutez bien George Clinton, Van Halen, Liquid Liquid, Blondie et DAF sont autant de grandes influences sur l’album.
Quel est le dernier album que vous avez aimé et pourquoi ?
GLAQJO XAACSSO de Patten. Il est vraiment dans son petit monde et c’est un premier album excitant qui prend une vraie tournure. De vraies montagnes russes ! Il a réussi à compiler toute cette musique en formant une œuvre sculpturale.
Quel est l’album que vous attendez impatiemment en 2012 ?
Jimmy : “Le nouvel album de The xx sera intéressant! Animal Collective, Echo Lake et tout ce qui est sorti sur notre ancien label No Pain In Pop. Nous aimons également certains groupes de Upset the Rhythm comme Peepholes et Gentle Friendly, donc ce sera intéressant de voir ce qu’ils sortent. J’ai entendu que 100% Beefcock and the Titbursters devraient également sortir quelque chose bientôt. C'est le MEILLEUR groupe live à Londres.”
Aimez-vous faire partie de la famille Domino ? Quel est votre groupe préféré sur ce label et pourquoi ?
Susanne : “Domino est un super label car il soutient l’intégrité et les décisions des artistes, ce qui est assez rare. Notre artiste préféré est John Cale.”
Vous avez tourné avec The Vaccines l’année dernière: Comment ça s’est passé ? Avez-vous des potins à nous faire partager sur leurs habitudes en coulisses ?!
Susanne : “Ca changeait selon la ville. En général, ça se passait bien, même si les fans de The Vaccines étaient souvent confus lorsque l’on jouait. The Vaccines sont super sympas, professionnels, ambitieux et drôles. Des potins ? Hmmm… Le chanteur ne pouvait pas faire grand chose à cause de sa gorge, et les autres membres ignoraient toutes les groupies qui les entouraient.”
Quels sont vos plans pour 2012 ?
Susanne : “Une tournée pour l’album. Eviter les Jeux Olympiques. Faire gaffe à la planète Nibiru. Jouer à quelques festivals (nous sommes déjà programmés pour certains). Aller au Japon. Redéfinir la musique pop pour les générations à venir.”
Enfin, si vous deviez définir le groupe en une phrase, que diriez-vous ?
“Aucun compromis aux forces extérieures.”