Interview: We Have Band
Avec leur premier album, les We Have Band se sont imposés comme l’un des groupes les plus brillants et audacieux du moment. Radicalement différent, leur nouvel opus réalisé par Luke Smith (Foals, Depêche Mode…), redouble de génie.
La chanteuse Dede Wegg-Prosser a pris le temps de répondre à certaines de nos questions sur ce nouvel album et leurs plans futurs ; découvrez ce qu’elle en dit ci-dessous !
Félicitations pour votre nouvel album Ternion ! Pour ceux qui ne l'ont pas encore entendu, pouvez-vous leur dire à quoi s'attendre ? Avez-vous ressenti de la pression à écrire le redouté deuxième album ?
Oh, merci beaucoup ! Nous n’avons ressenti aucune pression. Nous avons commencé à travailler sur ce deuxième album quand nous étions en tournée pour le premier. Thomas utilisait son ordinateur portable dans les trains et bus de tournée, et nous enregistrions souvent les idées de voix dans les chambres d’hôtel. Puis nous continuions dès que nous avions un peu de temps. Après nous avons commencé à travailler avec Luke (le producteur). Donc ce fut un procédé d’écriture assez lent et relax, ce qui nous convenait parfaitement.
Avec des beat électro puissants, des rythmes dance et une pointe de disco, on vous compare souvent à des groupes comme Metronomy ou les Klaxons. Qui considérez-vous comme vos alliés musicaux ? Et quels artistes vous unissent ou vous divisent en tant que groupe ?
Pour être honnête, nous ne pensons pas vraiment aux autres groupes contemporains. Nous respectons les groupes que vous avez cités, mais en tant que groupe, nous ne nous posons pas la question de savoir où nous nous situons. Nous sommes simplement trois individus avec des goûts musicaux vastes. Je pense que nous nous sommes rapprochés grâce à des groupes comme ESG, Michael Jackson, TV On The Radio et The Rapture. Je ne pense pas que nous nous divisions musicalement.
Si vous deviez choisir un titre sur cet album, lequel serait-il et pourquoi ?
C’est difficile de choisir un seul titre. Mais le morceau majeur serait 'Steel In The Groove'. Il tombe au milieu de l’album, et possède cette perte de contrôle, et cet esprit de fête.
Pouvez-vous définir votre son en une phrase ?
Je dirai que nous sommes Dark disco.
Vous avez travaillé avec l’ex-membre de Clor et le producteur de Foals, Luke Smith. Qu’a-t-il apporté à l’album ?
Il est super, il nous a permis de nous exprimer comme on le voulait et nous a poussé à dépasser nos limites. Il avait beaucoup de percussions, batteries et machines similaires, qui ont donné le ton plus sombre de l’album. Il possédait l’attitude qu’il fallait, celle de tout essayer, et même si l’on finit par ne pas utiliser quelque chose, cela reste une expérience qui nous aide à atteindre ce que l’on souhaite accomplir. C’était une expérience émotionnelle et libératrice.
Quel était votre objectif artistique pour cet album ? Pensez-vous l’avoir atteint ?
Je pense que le but était de créer quelque chose de différent, qui représente ce que nous vivons en ce moment. Pour le premier album, nous étions plus en mode DYI dans la chambre ! Nous chantions des thèmes plus absurdes. Ce nouvel album a plus de profondeur, et nous avons fait l’effort consciencieusement de chanter sur nos expériences et émotions que nous avons traversées ces trois dernières années, bonnes ou mauvaises.
Etre un couple marié en tournée doit avoir ses inconvénients, comme le reflète le morceau ‘What’s Mine, What’s Yours’. Comment réussissez-vous à faire face à la pression et au manque d’intimité que cela entraine ?
‘What’s Mine, What’s Yours’ est en fait un morceau écrit par Darren sur une ancienne relation qui s’était épanouie puis éteinte alors qu’il était dans le groupe. Nous sommes très chanceux de travailler ensemble, nous avons toujours passé beaucoup de temps ensemble. Etre marié dans un groupe et en tournée n’est certes pas conventionnel et ça peut être difficile. Mais nous avons une relation forte et nous aimons les choses variées. C’est aussi important de trouver du temps pour soi.
Quelques disputes dont nous pourrions être au courant ?
Nous passons beaucoup de temps tous les trois ensemble, et au début de notre carrière, nous dormions parfois dans la même chambre. Nous nous disputons quelque fois comme le font des frères et sœurs, mais rien de très dramatique ! Généralement, on finit par en rire.
Vous travailliez tous pour la maison de disque EMI avant de décider de former un groupe. Vous aviez donc de l’expérience dans l’industrie de la musique, pensiez-vous faire mieux que les artistes sur lesquels vous travailliez ? Pourquoi avoir choisi d’aller avec le label indépendant Naïve au lieu d’un major ?
Travailler dans une maison de disque parait plus glamour et influent que ça ne l’est vraiment. Nous avions tous des boulots pas très passionnants, aucun de nous n’était vraiment instrumental ou dans un groupe, nous faisions juste partie d’une grosse machine. Nous avons surtout tiré de cette expérience d’aller à des concerts, d’écouter de la bonne musique et de se faire de bons amis, mais ça s’arrête là. Un peu comme travailler dans une galerie d’art si vous êtes un peintre. Les gens gravitent autour de ce qui les intéresse. Choisir de travailler avec Naïve n’était pas calculé pour ne pas travailler avec un major. C’était basé sur un bon contact que nous avions en commun. Ils ont aimé notre musique et nous ont laissé être créatifs tout en étant d’un grand soutien.
Vous avez énormément tourné l’année dernière – Qu’avez-vous hâte de retrouver et qu’est-ce que vous détestez le plus quand vous allez en tournée ?
Mmmmm, être en tournée est assez chaotique, donc on essaie de garder le plus de routine possible. Nous n’attendons pas avec impatience les bus de tournée en bordel, les laveries et le manque de sommeil.
Avez-vous des festivals de prévu cette année ?
C’est pour bientôt !!!!
Quel a été votre album préféré l’année dernière ?
Ooooohhhhh c’est une question difficile. Smoother de Wild Beasts, Skying de The Horrors, Let England Shake de PJ Harvey, Body Talk de Robyn, WhoKill de Tune-Yards, The Fool de Warpaint... Mon Dieu, la liste ne fait que commencer!
A part le vôtre, quel album devrions-nous écouter cette année ?
Micachu & The Shapes et The XX
Quels sont vos plans pour 2012, et vos ambitions pour le groupe ?
J’imagine une tournée et jouer devant autant de gens que possible. Nous ne savons pas ce que le futur nous réserve, mais nous voulons simplement évoluer en tant que groupe et s’éclater.